jeudi 13 novembre 2008

KISS

"..."Alive", le seul vrai disque à la hauteur de la réputation et du mythe de Kiss."
KISS « Alive ! » 1975

Kiss fut toujours pour moi une énigme entêtante. En effet, moi, grand amateur de Who, Led Zeppelin, et autres liqueurs britanniques à haute teneur en octane, j’ai toujours eu du mal à considérer Kiss comme un groupe majeur. Pourtant ce quartet marqua son temps indéniablement, et les esprits durablement.
Je vous épargne le côté machine à fric qui est aujourd’hui leur seule raison de vivre. Concentrons-nous sur les vraies années rock’n’roll, celles disons entre 1973 et 1978. En grand curieux du rock, je me renseignai auprès de vrais fans, dont mon disquaire favori, pourtant ancien punk . Je lus également quelques bouquins, et je fus prêt à affronter mon premier album de Kiss. Ce fut « Destroyer » en 1976, et je le trouvai tellement nul, que je le laissai dans un coin, terriblement déçu.
Je savais le hard-rock américain de la seconde moitié des seventies très mélodique, moins hard que les britanniques : Blue Oyster Cult, Aerosmith, mais également et par la suite tout le hard-fm à venir, Journey, Foreigner, Boston, et autre Heart. Pourtant, Kiss semblait jouer les méchants, c’est qu’il devait y avoir une raison. Ou alors ces garçons étaient déjà des tiroirs-caisses. Mais ce n’était pas possible. Le bassiste Gene Simmons et le guitariste Paul Stanley avait trop crevé de faim dans le Bronx pour ne pas avoir la rage au ventre. Si l’on ajoute deux branleurs bien loose, mais au talent exceptionnel, à savoir Peter Criss à la batterie, et surtout Ace Frehley à la lead-guitar, on doit obtenir un putain de bon groupe.
Et une lueur d’espoir pointa lorsque je vis dans un documentaire sur le rock de 1975 le final de « Black Diamond » sur scène. Je compris alors. Et j’achetai « Alive ! » de 1975. Et là d’accord. Oui, là, Kiss est un furieux groupe de hard-rock. En effet, si les premiers disques recèlent d’excellentes chansons ; la puissance du son et de l’interprétation est absente, laissant passer les Rolling Stones pour un groupe de heavy-metal.
Voyant leurs trois premiers albums se vendre très modestement, mais que les concerts faisaient le plein, notamment grâce aux accoutrements mythiques des musiciens, Kiss enregistra un live. « Alive ! » est donc un brûlot impeccable, conjuguant riffs serrés, chorus impeccables, son brut, et énergie heavy.
Ce disque a également des allures de best-of, puisqu’il réunit tous les premiers classiques de Kiss, à savoir « Deuce », « Firehouse », « Hotter Than Hell », « Black Diamond », Cold Gin », et bien d’autres pépites qui feront de ce live un classique du genre. Toutes les imperfections de l’enregistrement donnent ici l’authenticité de ce rock’n’roll un peu glam, très new-yorkais.
Ace Frehley y est magistral, développant son jeu unique, audacieux, sur les chansons aux mélodies imparables de Stanley et Simmonds. Pour la petite histoire, la photo au verso de la pochette, qui montre des fans avec une bannière de Kiss dans une salle énorme archi-comble, a en fait été prise à un concert de Joan Baez. Elle servait d’intox pour démontrer que Kiss était un groupe énorme. Il le deviendra après ce live finaud.
Kiss tentera le « Alive II », plutôt réussi, mais qui ne possède plus cette hargne des jours sans pain. Le quatuor, installé en haut de l’affiche depuis 1975 a perdu dans le business et la came une partie de son brio particulier. Il le perdra définitivement avec l’album « Dynasty » en 1979 et le fameux « I Was Made For Loving You ». A ce stade, il faut alors trier les chansons pour trouver encore quelques titres intéressants. Le seul qui ne souffre d’aucune critique, c’est donc ce « Alive ! », le seul vrai disque à la hauteur de la réputation et du mythe de Kiss.
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1 commentaire:

rebeltrain a dit…

j' aime bien kiss et quel show quand ils sont sur scene !!! surtout gene simmons a+