mercredi 6 mars 2019

JUDAS PRIEST LIVE 1980


"Le set bascule dans un équarrissage en règle. "


5 juillet 1980 : Judas Priest au Nassau Coliseum de New York


En 1980, Judas Priest atteint enfin le toit du monde. Après presque dix années d'existence, et six albums dont un live enregistré au Japon, le quintet de Birmingham récolte le fruit de son travail acharné. L'album British Steel sort en avril 1980. Il se classe 4ème des meilleures ventes d'albums en Grande-Bretagne, et 34ème aux Etats-Unis où il devient disque de platine. Globalement, il se classe partout dans le monde, sauf en France…

Certes, le travail a payé, mais le contexte se prête également au succès d'un groupe sans concession comme Judas Priest. Le heavy-metal est en plein renouveau, grâce à une nouvelle génération de groupes anglais que la presse appelle NWOBHM (New Wave Of British Heavy-Metal). Ils s'appellent Iron Maiden, Saxon, Def Leppard, Diamond Head, Witchfynde, Tygers Of Pan-Tang, Venom, Raven, Samson….Ils emmènent avec eux une autre génération de groupes plus expérimentés apparue au milieu des années 70, et qui sont aussi leurs mentors : Thin Lizzy, Budgie, UFO, Motorhead et bien sûr Judas Priest. Grâce à la NWOBHM, toute ces formations trouvent enfin le succès, où bénéficient d'un regain d'intérêt.

Judas Priest est, avec Motorhead, l'un des groupes les plus acérés, les plus violents du circuit mondial. Leur look et leur musique vont devenir des étendards de la culture heavy-metal. Il connaît aussi une petite mutation musicale qui semble à priori anodine, mais qui va achever la conquête du succès du groupe. D'abord, musicalement, Judas Priest se débarrasse de ses dernières scories psychédéliques qui traînaient encore sur ses albums de la fin des années 70. Le quintet ne tourne pas le dos à son ancien répertoire, loin de là, c'est lui qui a forgé leur réputation. Mais les nouveaux morceaux vont se montrer plus simples, davantage basés sur le riff assassin. L'arrivée d'un nouveau batteur n'y est pas pour rien.

Le batteur Leslie Binks s'en va en août de l'année 1979 après presque trois années de bons et loyaux services. Grâce à Les Binks, Judas Priest a atteint la première division du heavy-metal mondial, et a enregistré sans doute deux des meilleurs albums du genre en 1978 : Stained Class et Killing Machine. Mais le rythme infernal de tournée finit par achever le batteur barbu. Judas Priest sent que les choses bougent autour de lui. Ils ont trouvé leur image, leur son. Ils sont un gang ultra-acéré sur scène, qui n'a littéralement peur de personne, pas même des meilleurs concurrents outre-Atlantique comme Rush, Aerosmith, AC/DC et Ted Nugent. Pour l'anecdote, les australiens d'AC/DC et Judas Priest partageront l'affiche à de nombreuses reprises entre 1977 et 1979, et notamment à Paris, au Pavillon de Paris. 

A l'automne 1979, Judas Priest doit assurer de nouvelles dates américaines après que son album live, Unleashed In The East ait pris par force le Top 100 US en octobre. La scène « brummie » anglaise est une grande famille. Les Brummies sont les habitants du « Black Country », le secteur mineur et sidérurgique autour de Birmingham et Sheffield, et incluant le Pays de Galles. La scène musicale va être, dans les années 70, l'une des plus vivaces du pays, s'opposant à celle de la capitale, Londres. Dans le Black Country apparaît The Move, Black Sabbath, Judas Priest, Budgie, mais aussi Chicken Shack, Trapeze avec le bassiste chanteur Glenn Hughes. Deux membres de Led Zeppelin sont originaires du Black Country : Robert Plant et John Bonham.

Lorsqu'il s'agit de trouver un musicien de remplacement rapidement dans un groupe du Black Country, on cherche dans le circuit des copains : c'est un gage d'entente mutuelle. Lorsque Black Sabbath perd Ozzy Osbourne en 1977, il est remplacé par Dave Walker de Savoy Brown, originaire de Birmingham. Lorsque Black Sabbath cherche un batteur en 1983, il recrute Bev Bevans, l'ancien batteur des Move, originaire de… Birmingham.

Alors aux Etats-Unis, Judas Priest se retrouve sans batteur. Ils cherchent un nom, et un groupe revient à l'esprit : Trapeze. Ce groupe originaire de Birmingham, fondé en 1969 comme Judas Priest, va connaître un succès étonnant aux USA, et notamment au Texas. Jusqu'à la fin des années 70, Trapeze ne va remplir que de petits clubs en Grande-Bretagne alors que les stades s'ouvrent à lui à San Antonio et Dallas. Le trio anglais connaît de nombreux sursauts. D'abord, son prodigieux bassiste-chanteur, Glenn Hughes, rejoint le troisième line-up de Deep Purple en 1973, celui de l'album Burn. Trapeze va poursuivre en quatuor avec un deuxième guitariste : Rob Kendrick. En 1979, Trapeze stagne, et la formation va éclater. Rob Kendrick rejoint Budgie. Et Judas Priest décide de proposer le poste de batteur à Dave Holland, qui accepte des deux mains. Le guitariste fondateur Mel Galley va poursuivre encore deux ans avec le chanteur Peter Goalby. Puis Galley rejoindra Whitesnake à la fin de l'année 1982, et Goalby, Uriah Heep. Trapeze aura donc été un sacré vivier de talents.

Dave Holland est un choix particulièrement judicieux. Outre le fait qu'il soit de la même génération que les musiciens de Judas Priest, qu'il porte la moustache, et qu'il soit issu du même circuit brummie, il a une frappe particulièrement efficace qui va être un atout majeur. Holland est sans doute l'un des batteurs les plus précis, les plus carrés, les plus puissants du rock avec John Bonham. Comme ce dernier, il combine précision métronomique, swing et lourdeur. Mais Holland pousse la chose un cran encore au-dessus. Moins foisonnant que Les Binks, issu du circuit progressif et jazz, il sait placer ses roulements de caisses avec parcimonie et précision. Ce qui lui importe, comme John Bonham, c'est l'impact. Propulsé par un tel moteur, Judas Priest devient une bête sonore indestructible. La tournée américaine qui suit fait tomber les dernières résistances, et le premier bootleg de Judas Priest est capté avec Dave Holland à la batterie en novembre 1979 à New York.

Ne se donnant décidément aucun répit, Judas Priest retourne en studio avec un nouvel ingénieur du son qui vient de faire des miracles sur l'album live Unleashed In The East : Tom Allom. Il va devenir leur producteur attitré jusqu'en 1989, et a fait son grand retour en 2018 pour le disque Firepower. Il est capté en janvier et février 1980 aux Startling Studios d'Ascot. Le contexte musical est favorable au heavy-metal et Judas Priest. Mais le contexte politique est aussi intéressant.

Depuis l'arrivée de Margaret Thatcher à la tête du gouvernement britannique en 1979, le pays subit la politique ultra-libérale de celle que l'on surnommera la Dame de Fer. Elle va privatiser les charbonnages d'état et la sidérurgie anglaise, provoquant la fermeture de très nombreux sites, et la mise au chômage de très nombreux ouvriers. Des grèves massives et violentes débutent pendant de longs mois. Un bras de fer s'engage entre le Black Country et la Dame de Fer. Il se terminera par la capitulation des mineurs et des ouvriers, qui perdront tous leur travail. Dans ce contexte pour le moins violent socialement parlant, Judas Priest va se montrer ostensiblement solidaire avec ses terres d'origines. L'album va s'appeler British Steel en hommage aux usines sidérurgiques de Birmingham et Sheffield dans lesquelles Tony Iommi de Black Sabbath perdra deux phalanges sous une presse en 1968. La pochette sera une lame de rasoir dans une lumière rouge sanglante, portant toute l'agressivité et la violence du contexte politique.

Judas Priest va aller encore plus loin en obligeant CBS à commercialiser l'album au prix très abordable de 3,99 livres sterling. Les publicités dans la presse musicale affiche ostensiblement le tarif avec la mention « British Steal », « Le Vol Anglais », nouveau clin d'oeil méprisant à Margaret Thatcher. Certes, les membres de Judas Priest ont tous connu la dureté du milieu ouvrier du Black Country. Mais ils en sont tous solidaires. Ils aiment ces hommes et ces femmes qui ont été à leurs côtés durant ces années de vaches maigres, et qui les ont soutenus sur leurs premiers concerts. Kenny Downing dira en 1980 en interview que le tempo de la musique de Judas Priest est celui des presses hydrauliques des aciéries voisines de la maison de ses parents. Et le tempo fracassant imprimé par Dave Holland en est le reflet absolument brillant.

En juillet 1980, Judas Priest débute sa tournée américaine du British Steel Tour. Le quintet est devenu une coqueluche des radios pour ses prestations scéniques redoutables. Les captations radios deviennent légions dès 1978. La radio WLIR de New York capte leur set au Nassau Coliseum du 5 juillet 1980. Judas Priest remplit alors les plus belles salles européennes, mais les stades américains sont une autre affaire. Cela ne déstabilise en rien le groupe qui donne ses tripes sur scène.
Judas Priest vient d'atterrir de Grande-Bretagne, dans le contexte politique et économique que je viens d'expliciter. Il a le couteau entre les dents. Et ce set du 5 juillet va être une machine à broyer de l'os. Et le public du Nassau Coliseum va subir un assaut frontal de soixante-quinze minutes sans pitié.

Il débute par une série d'excellents morceaux courts. Rob Halford arrive sur sa moto et la fait vrombir avant que ne débute le redoutable « Hell Bent For Leather ». Puis il extirpe de l'album Sad Wings Of Destiny de 1976 le morceau « The Ripper ». Il perd son influence queenienne pour révéler son atmosphère menaçante. Le travail vocal de Rob Halford est hallucinant. Cet homme au combien humble, au flegme typiquement britannique malgré ses tenues agressives, a un registre vocal vertigineux, au moins égal à celui de Freddy Mercury. Et je dois avouer ma sympathie évidente pour Halford, son humour, sa prestance, son talent de parolier, malgré tout le respect que je peux avoir pour le chanteur de Queen. Rob Halford est un garçon surprenant, dont la simplicité déstabilise.

« Sinner » est une de ces scories psychédéliques dont Judas Priest mettra un terme à partir de 1982. Ce morceau a été composé pour l'album Sin After Sin en 1977, et va devenir un tour de force pour Judas Priest. Le guitariste Glenn Tipton, qui utilise beaucoup la Fender Stratocaster, fait la démonstration de son talent, créant un climat hard-psyché qui vrille les neurones de son audience. Et cette version, sans doute l'une des dernières, est hallucinante. Mais en 1980, on attend plus concis. « Beyond The Realms Of Death » retourne les tripes, mais bien plus encore lorsque l'histoire rappelle que cette chanson fut celle du procès de Reno.

Le set bascule dans un équarrissage en règle. Deux redoutables scies circulaires viennent broyer de l'os : « You Don't Have To Be Old To Be Wise » et « The Grinder », toutes deux issues de British Steel. La version proposée ici de « Victims Of Changes », originellement enregistrée en 1976, est absolument exceptionnelle. Le tempo est fracassant, Rob Halford est impérial, les guitares de Downing et Tipton sont divines. Ils dessinent des arabesques de poussières de carbone dans le ciel. Ils vivent cette terre qui se meurt.
« Steeler », issu du nouvel album, vient fracasser encore une fois les espoirs d'un groupe serein. On découvre le côté implacable qui fusionne la batterie infernale de Holland, la basse implacable de Ian Hill, et les guitares tranchantes de Downing et Tipton. Le freak-out final emporte tout sur son passage.

Le concert se termine par près de treize minutes de « Genocide », morceau issu du second album Sad Wings Of Destiny. KK Downing et Glenn Tipton deviennent enragés, soutenus par leur percussionniste infernal. C'est une cathédrale de riffs et de chorus hallucinés.
« Tyrant » sert de rappel, comme « The Green Manalishi », une reprise de Fleetwood Mac avec le guitariste de blues Peter Green. L'homme perdra pied après son départ du groupe en mai 1970. La folie de cet être brillant est parfaitement en accord avec la folie de ces cinq hommes sauvages qui coulent sur le monde une épaisse couche d'acier en fusion.
Ils seront autant les maîtres de la NWOBHM que du Thrash US et européen. Mercyful Fate et Celtic Frost leur doivent beaucoup, ainsi que les groupes français comme Vulcain, Trust et Warning. On ricane encore de leurs costumes de simili-cuir rouge et noir. Mais ces gaillards étaient de véritables visionnaires dont l'oeuvre fait encore frémir, plus de quarante années plus tard.

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mardi 26 février 2019

REVEREND BIZARRE 2009 Part 1



"Pourtant, le filet de sécurité est mince. A tout moment, la destinée du petit chez-soi confortable peut basculer."


REVEREND BIZARRE : Death Is Glory… Now 2009

Les raisons d'exister en ce bas-monde commencent à se faire rares. La planète est en train de craquer de toutes parts, sous les yeux effarés de ses peuples, et dans l'impunité la plus totale de ses responsables politiques. Ils sont sans doute les plus nihilistes de tous, finalement. Prêts à tout pour gagner toujours plus d'argent, et favoriser leur petit entre-soi économico-financiers, ils poursuivent un mode d'existence et de fonctionnement en totale désaccord avec les réalités environnementales et sociales. Comme si eux s'en sortiraient au final, avec leur fric, laissant la planète faire le ménage par elle-même de cette population déjà trop nombreuse. Pas de guerre mondiale à l'horizon, les catastrophes climatiques feront le travail.

Petits occidentaux de pays riches, nous nous levons désormais tous les matins pour aller travailler, et gagner un salaire qui couvrent difficilement les factures et les crédits, et peine à nous nourrir correctement. Nous sommes des volailles en batterie, bonnes à être gaver, à nous entasser dans des lotissements ou des barres d'immeubles, attendant la mort en nous débattant, indifférents aux cadavres qui tombent à nos côtés.

La France vit un sursaut d'orgueil un peu foutraque. Mais une bonne partie de la population semble comprendre que cette vie est insupportable, et que ces gouvernants sont des pleutres cyniques, arrogants, égoïstes et profondément stupides. La France est sur la brèche, dans un espace d'incertitude politique. Le gouvernement tente de faire rentrer cette jacquerie à la maison à coups de trique, mais le désarroi est tel, que la violence aveugle est inopérante.

Il est vrai que la vie est devenue pénible. Bien sûr, il est impossible de comparer le sort d'un énergumène de la classe moyenne à celui d'un migrant fuyant la guerre ou un sans domicile fixe mourant de froid dans la crasse. Pourtant, le filet de sécurité est mince. A tout moment, la destinée du petit chez-soi confortable peut basculer. Il suffit de ce que l'on appelle un accident de la vie : la perte d'un emploi, une maladie, une séparation….Les dettes s'entassent, les créanciers affluent, et l'on découvre que l'on a plus rien. Le toit, la voiture appartiennent à la banque. Les frais s'accumulent, chacun réclame sans état d'âme son dû. Les sourires de façade sont remplacés par la froideur des mécanismes administratifs. Les petites lignes dans les contrats d'assurance ou de crédit se révèlent. C'est la curée. Et ce qui vous sépare du destin d'un sans domicile fixe devient de plus en plus mince. Il faut avoir dormi une nuit dans sa voiture avec ses affaires dans le coffre pour réaliser toute la brutalité de ce monde.

On savoure donc son petit confort, même si il faut compter les euros à partir du quinze du mois pour manger, et jongler avec le découvert à la banque. Ca ira mieux le mois prochain, même si ça ne va pas depuis deux ou trois ans. Mais on a encore un toit sur la tête, un paquet de pâtes dans le placard, et la voiture roule même si le voyant de révision s'allume depuis trois semaines. On n'hésite à aller rejoindre cette curieuse faune hirsute dans la rue qui revendique autant à gauche qu'à droite. Les repères se perdent. La gentille complaisance des médias a disparu, laissant la place à de la vocifération d'extrême-droite. Un bastion culturel libéral et bourgeois est en train d'aboyer. La peur s'installe. Ces quelques dizaines de milliers de personnes pourraient-elles effectivement nous condamner au peloton d'exécution ?


C'est bien le révélateur de tout le mépris investi contre les classes populaires depuis plus de trente ans. Chaque année, on leur bourre la couenne, faisant passer la pilule habilement à coups de confrontations entre catégories professionnelles et sociales. Les entrepreneurs contre les fonctionnaires, les populations d'origine maghrébine contre les petits blancs, la campagne contre la ville, la banlieue contre l'hypercentre, les paysans contre les écolos….



Ce ne fut qu'une succession de batailles de pouilleux, se collant des peignées sous le regard goguenard d'une petite clique d'investisseurs, d'héritiers, de banquiers et d'hommes politiques issus de belles écoles du pouvoir. On est entre gens de bonne compagnie, ceux qui emmènent le pays vers la félicitée, touchés par la grâce divine. Les premiers de cordée. La race supérieure. Le début du fascisme.


Et ça jongle sur les symboles. Mais ça n'oublie pas de réhabiliter Pétain, entrouvrant la porte de la cave où se trouvait l'extrême-droite infernale depuis soixante-dix ans. Et de faire l'étonné lorsque des croix gammées réapparaissent en plein Paris. C'est forcément la faute des pouilleux. Racistes, ça vote Rassemblement National. Postures. Alors que les programmes économiques, sociaux et migratoires sont de plus en plus similaires, on cherche ce qui servira de foulard rouge. L'antisémitisme, c'est bien. On se penche sur les tentes des sans domicile fixe en jean et veste en cuir à mille balles avec une mèche de fonctionnaire de préfecture de 1941. La compassion pendant que l'on se presse d'étrangler l'aide d'urgence, ultime recours avant que ces êtres crèvent comme des bêtes. Et les populos français, qui avaient tourné le dos à la politique depuis trente ans parce que tous pourris, tous des cons, découvrent que l'on est au bord du gouffre.

Assis sur mon canapé, je ressens toute cette destinée fatale me tomber sur les épaules. C'est à se demander ce qui a un sens dans ce monde imbécile. J'aimerais me perdre dans des pintes de bière à n'en plus finir, écoutant à plein volume cette musique démoniaque qui révulse toujours le bourgeois.
Une fois encore, j'ai trébuché. Pas grand-chose, une connerie. Quelques centaines d'euros que l'on cherche pour payer une facture, et puis ça ne veut pas. On calcule, on compte, et puis ce qui est gagné est perdu en dépenses imprévues. Ce monde de merde vous tient en tension permanente. Il vous rogne la myéline des nerfs, comme une impression de marcher sur des braises, un vrai tannage. On supporte jusqu'à la rupture.
Les pays du Nord de l'Europe sont de jolis modèles de civilité. Mais personne ne va labourer dans les tréfonds de leur psyché. Les hivers interminables, les villes austères, et les existences bien rangées tapent sur le système d'une jeunesse qui réclament de l'air, et ce depuis quarante ans.

(à suivre)
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