
Ce disque est une hallucination. Il n’y a guère d’autre mot pour décrire cela. Randy California a toujours été un garçon à part, une sorte de comète dans l’histoire du rock, à l’instar de son pote et mentor, Jimi Hendrix.
Jouant ensemble dans les Blues Flames en 1966, Jimi veut débaucher le jeune Randy, alors âgé de 16 ans, à New York. Sa mère refuse, et Randy formera l’année suivante un groupe avec son beau-père, Ed Cassidy : Spirit.

Le groupe se disloque en 1970 suite à l’échec commercial de ses albums. Randy California se dévore à l’acide, et se ramasse à cheval, ce qui l’éloigne de la scène un certain temps. Quand il revient aux affaires, Spirit n’est plus, ou plutôt appartient aux deux frères Staehely, qui prirent les places de guitariste et bassiste en 1971.

Cet album est une vraie démonstration de guitare. Car si California sut mettre en avant sa six-cordes, il resta toujours dans l’ombre de son groupe afin de maintenir la cohésion musicale. Ici, il est libre, et cela s’entend.

Et ce dés l’excellent « Downer », brillant brûlot sauvage, empli d’écho magique, cathédrale de fuzz en fusion. L’album est enregistré comme une fausse jam, avec réglage de guitare entre les morceaux. La batterie de Cassidy, toujours très swinguante et jazz, se fait plus lourde, brutale, sans pour autant perdre de sa finesse.

Par la suite, Il se lancera dans un autre projet, appelé « Potatoland », et qui sous des aspects loufoques, dépeint la société policière américaine façon Orwell, thème déjà abordé dans la chanson « 1984 » de Spirit.
Puis ce sera la reformation de Spirit, et le maintien du groupe durant plusieurs décennies, sans grand succès commercial. L’homme devient un personnage culte, et maudit, alignant les disques brillants dans l’oubli le plus total.
Il finira par mourir dans les vagues de l’océan à Hawaï en tentant de sauver son fils de la noyade. L’enfant sortit des flots seul. Il reste cet ovni, une trace de poussières intergalactiques sur laquelle jam deux allumés du manche, enfin réunis.

3 commentaires:
tres interessant ce bonhomme il faudra que je l' ecoute pour me faire ma propre opinion et encore merci de me faire decouvrir autant d' artistes !!!
Album absolument génial ! On passe en revue pas mal de style, de la pop au heavy psyché, avec toujours des tas d'effets dans tous les sens, des solos hallucinants, mais toujours sans tomber dans la démonstration technique !
Et un truc qui me fait écouter souvent cet album, c'est l'impression d'humilité qui s'en dégage : les mecs sont là pour s'éclater, rien que ça, et le succès ils s'en foutent totalement ! Un album sans prétention mais tout de même excellent !
Commentaire très émouvant ... Je suis fan de Randy depuis justement Kaptain Kopter ....Tu as trouvé les mots justes pour parler de lui que j'ai eu la chance de voir 2 fois en France ...à St Pabu (Elixir Festival) et à Paris pour "The Night Of the Guitars" ou j'ai eu l'occasion de discuter avec lui ...je lui parlais en anglais et il me répndait dans un un excellent francais ...Un musicien extraordinaire tout comme John Cipollina ...Tous Deux partis trop tot ....
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