LES GLORIEUX OUBLIES
Voici une courte sélection de trois groupes qu'il m'a paru intéressant de remettre en lumière, que ce soit tant pour la qualité de leur musique que pour leur influence sur le petit monde musical de l'époque.
BAKERLOO
Ce trio fondé à la fin des années 60 n’est à l’origine qu’un groupe de plus dans la constellation du British Blues Boom. Composé de Dave « Clem » Clempson à la guitare, Terry Poole à la basse et au chant, et Keith Baker à la batterie, le trio alors nommé Bakerloo Blues Line est rapidement comparé à Cream. Pourtant, comme souvent, la comparaison fut hâtive et mal à propos. Sa musique finalement que peu avoir avec la pop psychédélique de la bande à Dieu.


Et sa musique aura un impact non négligeable. Car il y a aussi les circonstances : leur manager, Jim Simpson, est également celui d’un jeune quatuor de Brimingham du nom de Earth, le futur Black Sabbath. Les deux groupes tournent ensemble en 1968, et le jeu à la fois jazz et bouillonnant, tout en accords hantés, influencera clairement le jeune Tony Iommi, qui, venant de perdre deux phalanges à la main droite dans une presse hydraulique, est à la recherche d’une nouveau jeu pour sa main. L’accordage bas de Clempson sera déterminant.

La tournée s’achèvera le 18 octobre 1968 au Marquee, et Bakerloo assurera l’affiche aux côtés d’un quatuor débutant mais fulgurant : Led Zeppelin.
Malgré ces rencontres déterminantes, Bakerloo disparaîtra dans l’oubli. Clempson rejoindra Colosseum, puis Humble Pie, apportant le souffle chaud de sa guitare à celui de la voix de Steve Marriott. Poole rejoindra Mayblitz, et Baker Uriah Heep. Il reste ce disque, parfaitement réussi, et dont et dont l’influence sur l’un des grands maîtres du heavy-metal est indéniable.
ANDROMEDA
Ce trio, fondé en 1967, est d’abord le fief du guitariste John DuCann et du bassiste Mick Hawksworth. Les deux sont des virtuoses de leurs instruments respectifs, mais cela, ils ne le savent pas encore. Une chose est sûre, DuCann est une sorte de visionnaire, dont les idées seront reprises la plupart du temps avec succès. Il y a d’abord ce premier groupe, The Attack, dont le premier simple « Hi Ho Silver Lining » sera repris trois semaines plus tard par Jeff Beck avec les Yardbirds, avec un succès commercial retentissant.


Le groupe a un succès tel que John Peel lui-même les invite à jouer à ses sessions, et ce alors qu’il n’a pas sorti le moindre enregistrement. En 1969 sort le premier disque éponyme. Et il n’est pas anodin. Il est un concentré de trouvailles mélodiques, rythmiques et guitaristiques qui servira de vivier à une bonne partie des formations de hard-rock de 1969 à … 1981. Notamment un certain Jimmy Page, et ce dés 1968. L’admiration est telle qu’il va opter pour une Telecaster Fender jaune avec une plaque de protection métal, soit la même que … John DuCann à la même époque. Les deux hommes se côtoient à l’époque en tournée avec leurs groupes respectifs, et notamment à la Roundhouse de Londres.



A force de jouer avec tous, DuCann fut un musicien brillant, source plus ou moins directe des meilleurs chansons des plus grands. A cela une seule raison : le brio effarant de DuCann, qui mérite indiscutablement une réhabilitation urgente.

Depuis, les deux hommes se font discrets, sans doute encore groggy par leur propre bruit blanc.
THE PINK FAIRIES
La référence peut être aberrante, mais les Pink Fairies sont primordiaux pour le hard-rock. Il est de bon ton, dans les revues spécialisées branchées, de faire des Pink Fairies des précurseurs du Punk aux côtés d’Hawkwind et les Stooges. A cela une raison, le côté underground de ces formations. Mais les Damned étaient fans des Groundhogs, les Sex Pistols de Stray et de Kiss, donc le débat est clos.

Leur seul tare ? Etre arrivé trop tard sur vinyl. Leur premier album arrivera début 1971, bien après les disques fondateurs du hard-rock que sont « In Rock » de Deep Purple, et les deux premiers Black Sabbath et Led Zeppelin. Pourtant, dés 1969, les Fairies creusent le sillon.




Paul Rudolph a en fait un talent fulgurant. Il improvise des chorus à la fois gorgé de blues et de colère électrique. Sa guitare n’est, à l’instar de Clempson ou DuCann, qu’un outil pour faire onduler la vibration du moment dans un tonnerre de larsen et de brio météorique.



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