mardi 15 juillet 2008

JEFF BECK GROUP

JEFF BECK GROUP « Beck Ola » 1969

Souvent décrié, jamais égalé, cet album du Jeff Beck Group reste son album majeur, hard-rockement parlant. Pierre angulaire d'une heavy-music en pleine mutation, avec l'arrivée notamment du premier album de Led Zeppelin, ce disque fut aussi l'espoir déchu d'un groupe capable de faire jeu égal avec le quatuor du rival Jimmy Page.
Le premier album, « Truth », envoyé en éclaireur en 1968 du hard-rock à guitare virtuose, est une incontestable réussite. Jeff Beck, en rupture de Yardbirds après l'arrivée en 1967 de.... Jimmy Page à la seconde guitare, fonde un quatuor de blues électrique avec un certain Rod Stewart au chant, Ron Wood, ancien guitariste des Birds londoniens, à la basse, et Aynsley Dunbar puis Mick Waller à la batterie.
« Truth » est un superbe disque, mais encore très ancré dans le blues anglais du British Blues-Boom. Seule la guitare suramplifiée de Beck fait la différence, orientant ce fameux blues vers des horizons électriques sauvages.
Exit Mick Waller, et Tony Newman prend les baguettes, et Nicky Hopkins le piano. Le Jeff Beck Group monte encore le son, et sort « Beck-Ola ». Galette de heavy-blues en fusion, ce disque impose une musique plus aventureuse que celle du premier album du Zep. Il y eut entretemps la fameuse histoire de la reprise de « You Shook Me » entre Page et Beck. Le Jeff Beck Group en fit une première version, et Page débarqua avec SA version sur le premier Zep, dépassant en rage et en sauvagerie celle de Beck, faisant passer ce dernier pour un petit joueur. Et c'est un Jeff en larmes qui s'expliquera devant un Page silencieux et narquois.
Ce coup-ci, Beck prend sa revanche et débarque après Page. La critique facile est de dire que la moitié des chansons ne sont que des reprises. Le premier Zep aussi, même si Page mettra 30 ans pour le reconnaître.
Ici, « All Shook Up » de Presley prend un atour puissant comme un trente-huit tonnes lancé à pleine charge. Le côté lourd prend une autre dimension avec « Spanish Boots », où Beck impose les contrepoints bombardiers, typiques du blues puis du heavy-metal.
Mais si la plupart des titres représentent une musique somme toute classique, bien que la virtuosité de Beck soit ici incroyable d'inventivité et de classe, on y découvre des pièces autrement plus captivantes.
Il y a déjà « Plynth » et sa cavalcade héroïque, dans laquelle Beck rentre tête baissée, le manche en avant, à grands coups de chorus survitaminés et sauvages. Et il y a aussi le long et malsain « Rice Pudding », fantastique pièce de musique incandescente. Débuté à grands coups de riffs, Beck fait retomber un peu la pression avant de retendre progressivement l'atomsphère par petites touches de notes fantaisistes, tantôt folk, tantôt hard-heavy.
Ce disque, à l'apparence bancale, offre ici des atours très aventureux, et peut-être un manque d'homogénéité qui le distingue de Led Zeppelin. « Beck-Ola » connaîtra la gloire, mais le caractère versatile et coléreux de Beck détruit son groupe.
Le Jeff Beck Group annule sa participation à Woodstock, puis Stewart et Wood partent rejoindre les Faces. Beck tente de fonder un power-trio avec Carmine Appice et Tim Bogert de Vanilla Fudge, mais il est victime d'un grave accident de voiture en 1970 qui le clout hors du champ musical pendant un an.
A son retour, Beck forme un nouveau Jeff Beck Group, mais la musique a profondément changé. Dépassé par les évènements malgré des disques de très grande qualité, il se réfugiera finalement dans la musique jazz-rock instrumentale, abandonnant pour toujours le heavy-blues, et le vedettariat pour une expression musicale ouverte et libre, qui fera de lui, et à jamais une sorte d'ovni de la guitare, comme son jeu, inégalable.

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2 commentaires:

rebeltrain a dit…

j'ai assiste au concert de zz top a paris ce fut un excellent concert un peu court a mon gout mais quand on aime !!! le concert a repris les morceaux du dvd recemment sorti "live from texas" j' ai fait quelques photos avec un jettable a voir sur mon blog prochainement.a+

Anonyme a dit…

OH MY GOD quel album! La reprise de Jailhouse Rock est énormissisme! Jamais vu ça! Led Zep peut retourner chez lui, rien que cette reprise et ses riffs et solos de malades enterrent tous les autres groupes de l'époque!