"C’est la beauté de toute cette pop anglaise : fine, ouvragée, elle reste un miel délectable pour les oreilles."
THE FOX : « For Fox Sake » 1970
Tiens, en fouillant dans mes disques, j’ai retrouvé ça. Le Rock fourmille de ce genre d’albums. L’histoire est souvent la même : on est au milieu des années 60, une bande de copains de lycée forme un groupe de rythm’n’blues/ merseybeat dans la mouvance Stones-Beatles, et joue avant tout pour le plaisir.
Et puis il y en a toujours deux ou trois pour croire en ce qu’ils font, et décident de continuer dans la musique, histoire d’essayer d’en vivre. On fusionne deux ou trois groupes locaux, et on obtient une formation professionnelle prête à conquérir le monde.
Enfin, ça c’est l’histoire. The Fox, c’est la fusion des Beatroute (on ne rit pas dans la salle) et du Alex Lane Group. Steve Brayne et Winston Weatherill à la guitare, Tim Reeves à la batterie, Dave Windross à la basse, et Alex Lane à l’orgue forment un quintet qui se veut l’émulation de leurs musiques favorites : un mélange subtil de Beatles, de Hollies et de rock psychédélique style Vanilla Fudge ou les premiers Deep Purple
Le groupe répète durant près d’un an, entre 1969 et début 1970. Les concerts s’enchaînent également, et un contrat arrive, chez Fontana. Comme la plupart des contrats discographiques, il est proche du vol.
The Fox bénéficie donc généreusement … d’une heure de studio pour enregistrer son premier disque. Les musiciens, qui pensent ne jouer qu’une répétition générale pour caler les morceaux, alignent l’ensemble du disque d’une traite. Ils sont renvoyés chez eux, et apprennent un peu plus tard que la version « démo » est gardée comme prise finale. Seules quelques overdubs pour les parties vocales sont réalisés.
« For Fox Sake » paraît donc en 1970. Ce premier album est l’occasion pour The Fox de tourner avec l’ensemble de la scène underground-alternative-progressive anglaise : Juicy Lucy, Edgar Broughton Band, Steamhammer, mais aussi Black Sabbath et David Bowie. Les ventes ne décollent pourtant pas, et des tensions se font jour entre les musiciens.
Le contrat est rapidement cassé, et le groupe splitte peu de temps après. Fin de l’épisode. Il reste ce disque.
Petit joyau de rock psychédélique anglais, « For Fox Sake » est avant tout un album subtil. Alors que la tendance est plutôt au durcissement du propos, avec rythmique plombée et fuzz à gogo, The Fox déroule ses mélodies tout au long de cette galette au charme suranné.
L’orgue rauque résonne sur les chansons comme une cathédrale, alors que les guitares dessinent les enluminures de la voûte. La voix de Steve Brayne ressemble à celle de Rod Evans de Deep Purple circa 1968-1969 : chaude, profonde, veloutée.
Cette architecture pop n’enlève en rien l’énergie, mais elle se trouve avant tout dans l’approche psyché de la musique. C’est la beauté de toute cette pop anglaise : fine, ouvragée, elle reste un miel délectable pour les oreilles.
Peu à peu, The Fox ressortira timidement de l’oubli, grâce à une belle réédition cd, et aux fans de rock psychédélique, qui remirent en lumière ce beau disque. Comme souvent, les musiciens sont devenus des anglais moyens, disparaissant dans l’oubli. Reste cet album sympathique, agréable comme un thé à la bergamote un dimanche pluvieux.
Tiens, en fouillant dans mes disques, j’ai retrouvé ça. Le Rock fourmille de ce genre d’albums. L’histoire est souvent la même : on est au milieu des années 60, une bande de copains de lycée forme un groupe de rythm’n’blues/ merseybeat dans la mouvance Stones-Beatles, et joue avant tout pour le plaisir.
Et puis il y en a toujours deux ou trois pour croire en ce qu’ils font, et décident de continuer dans la musique, histoire d’essayer d’en vivre. On fusionne deux ou trois groupes locaux, et on obtient une formation professionnelle prête à conquérir le monde.
Enfin, ça c’est l’histoire. The Fox, c’est la fusion des Beatroute (on ne rit pas dans la salle) et du Alex Lane Group. Steve Brayne et Winston Weatherill à la guitare, Tim Reeves à la batterie, Dave Windross à la basse, et Alex Lane à l’orgue forment un quintet qui se veut l’émulation de leurs musiques favorites : un mélange subtil de Beatles, de Hollies et de rock psychédélique style Vanilla Fudge ou les premiers Deep Purple
Le groupe répète durant près d’un an, entre 1969 et début 1970. Les concerts s’enchaînent également, et un contrat arrive, chez Fontana. Comme la plupart des contrats discographiques, il est proche du vol.
The Fox bénéficie donc généreusement … d’une heure de studio pour enregistrer son premier disque. Les musiciens, qui pensent ne jouer qu’une répétition générale pour caler les morceaux, alignent l’ensemble du disque d’une traite. Ils sont renvoyés chez eux, et apprennent un peu plus tard que la version « démo » est gardée comme prise finale. Seules quelques overdubs pour les parties vocales sont réalisés.
« For Fox Sake » paraît donc en 1970. Ce premier album est l’occasion pour The Fox de tourner avec l’ensemble de la scène underground-alternative-progressive anglaise : Juicy Lucy, Edgar Broughton Band, Steamhammer, mais aussi Black Sabbath et David Bowie. Les ventes ne décollent pourtant pas, et des tensions se font jour entre les musiciens.Le contrat est rapidement cassé, et le groupe splitte peu de temps après. Fin de l’épisode. Il reste ce disque.
Petit joyau de rock psychédélique anglais, « For Fox Sake » est avant tout un album subtil. Alors que la tendance est plutôt au durcissement du propos, avec rythmique plombée et fuzz à gogo, The Fox déroule ses mélodies tout au long de cette galette au charme suranné.
L’orgue rauque résonne sur les chansons comme une cathédrale, alors que les guitares dessinent les enluminures de la voûte. La voix de Steve Brayne ressemble à celle de Rod Evans de Deep Purple circa 1968-1969 : chaude, profonde, veloutée.
Cette architecture pop n’enlève en rien l’énergie, mais elle se trouve avant tout dans l’approche psyché de la musique. C’est la beauté de toute cette pop anglaise : fine, ouvragée, elle reste un miel délectable pour les oreilles.
Peu à peu, The Fox ressortira timidement de l’oubli, grâce à une belle réédition cd, et aux fans de rock psychédélique, qui remirent en lumière ce beau disque. Comme souvent, les musiciens sont devenus des anglais moyens, disparaissant dans l’oubli. Reste cet album sympathique, agréable comme un thé à la bergamote un dimanche pluvieux.
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Mais il y a aussi des jours où l’on a envie de s’enfuir, de s’évader. On rêve d’odyssées spatiales palpitantes, où tout simplement à la bande son idéale pur accompagner le mouvements des arbres dans le vent d’automne. Lorsque les nuages noirs lézardent un ciel orange-rouge de début de soirée. Lorsque le vent froid saisi les épaules et fait remonter le col. Et où l’on est bien, à ne penser à rien d’autre qu’à tout cela.
La bande-son, ce pourrait être du Rock Progressif. Un bon Pink Floyd ? Bande de burnes. Franchement, vous me décevez. Non, le Rock progressif est tout de même largement dominé par les experts en démonstration instrumentale : ELP, King Crimson, Yes… Tous se sentent obligé de massacrer leurs mélodies et les ambiances dégagées pour se faire une petite branlette de virtuose. Lénifiant.
C’est un soir d’hiver limougeot, et sur le tard, que j’ai découvert Nektar. Je me décidai d’acheter ce live, après avoir été intriguée par un bout de reprise de « King Of Twilight » par Iron Maiden.
Dés « King Of Twilight », on est fixé. Contrairement à l’analyse des « spécialistes » du Rock Progressif, qui décrivent Nektar comme un groupe pompier et wagnérien, on est plutôt dans le terrain du heavy-rock. D’ailleurs, dans le genre pompier, ELP ou Yes ont fait bien pire. La voix de Roye Albrighton est certes très déclamatoire, mais se marie à merveille avec cette musique cosmique.
Non, Nektar est heavy. Ca c’est sûr. Les guitares de Albrighton dominent largement. Les claviers de Allan Freeman, proches de Caravan, sont doux et planants. On est loin des Hammond sursaturés de Keith Emerson et Jon Lord.
La musique de Nektar, ce sont de longs morceaux passionnants, riches en improvisations basées sur les ambiances. Le groupe reste soudé du début jusqu’à la fin. On navigue alors entre les grandes épopées électriques, et les arpèges en percolation cristalline. Tantôt jazzy, tantôt blues, tantôt heavy, la guitare assure le spectacle. Les claviers dessinent les décors intergalactiques. La basse et la batterie n’ont plus qu’à imprimer le rythme.
En écoutant Nektar, on se promène dans les recoins de son inconscient. On retrouve des souvenirs d’enfance, des paysages. On ressent parfois ces blessures intérieures qui remontent en soi sur un arpège, avant de se carboniser dans les airs lorsque Albrighton relance la charge électrique.
Et tout cela sans temps mort, maintenant la magie dans l’air tout au long du concert, avant que l’ultime larsen ne s’éteigne sur un dernier coup de médiator. Et c’est là que je me suis vraiment dit que le Rock Progressif pouvait être à la fois technique et passionnant. Depuis je reviens toujours à ce live, parce que des groupes comme Nektar ont besoin de la scène pour donner toute la dimension à leur musique.