
AC/DC « Let There Be Rock » 1977
A l’heure du Punk, cinq australiens sortirent ça. A l’époque, une poche de résistance de hard-rock s’était formée. Pour contrer le rock progressif embourbé dans ses propres extravagances, l’immonde disco, et ce punk bien trop opportuniste, quelques groupes apportent un souffle nouveau aux créations de Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Ainsi émergent à la fin des années 70, UFO, Judas Priest, Motorhead, Thin Lizzy, et les cinq zozos d’AC/DC.
Ces derniers sont assurément les plus rock’n’roll. Ne jurant que par le rock 50’s et le blues noir de Chicago, les frères Young et le chanteur Bon Scott vont créer un son unique, mixture de ces deux influences, pulvérisées à grands coups d’ampli Marshall 100W.
Je me suis longtemps demandé lequel choisir pour commencer. Il y a bien évidemment « Back In Black », mais le chant de Brian Johnson ne sera jamais celui de Bon Scott. Après la mort de ce dernier, le son du groupe ne sera plus jamais vraiment le même. Il y a alors « Highway To Hell », mais la production est Presque trop propre. Non, franchement, si il en faut un, c’est celui-ci.
Parce que ce disque est produit par le frère Georges Young, et son compagnon Henry Vanda. Parce que le son sur ce disque est roots, tout en étant particulièrement puissant. On entend ici le souffle des amplis entre les morceaux, les « one, two, three… » des musiciens, les accordages d’avant morceaux. Tout est balancé après quelques répèt’, d’une traite.
Et puis il y a bien sûr des classiques : « Bad Boy Boogie », « Let There Be Rock », « Whole Lotta Rosie », ou encore « Problem Child ».
Il y a également cette formidable dualité entre le hard-blues des frères Young, et les textes de baroudeur de Scott, superbes de causticité, d’humour, et de réalisme prolo. Car ce disque sent sous les bras. On a affaire à un disque d’homme, un disque de tête brûlée râpée par la vie.
Il y a évidemment toute cette électricité, ce brio musical qui fait les grands groupes. Il y a cette batterie impeccable de précision (on ne dira jamais assez de bien de Phil Rudd), ce son gras, et ces soli à la limite de la rupture, chauffant à blanc les lampes des rampes de Marshall.
Et c’est justement ce que les punks ne surent jamais faire. Certes, le mouvement apporta une énergie nouvelle au rock, mais le punk ne pouvait persister. Les kids ont besoin de héros, de refrains héroïques, de mélodies, et d’une bonne dose d’adrénaline. AC/DC sut offrir tout ça, mais avec beaucoup d’humour.
On ne peut en effet totalement prendre au sérieux Angus Young, et son costume d’écolier. Si son jeu est celui des plus grands, on est loin des vestes en cuir clouté de Glenn Tipton et KK Downing du Priest, ou des boots à talons et des belles gueules de Scott Gorham et Brian Robertson de Lizzy.
Parce que les mecs d’AC/DC avaient cette touche de petites frappes malicieuses, et cette folle envie de s’amuser. Parce qu’ils ont tourné comme des fous, jouant absolument partout (les derniers concerts avec Bon Scott eurent lieu en février 1980 en France, et notamment à … la fête de la Bêtise de Cambrai !), tout cela pour conquérir un par un leurs fans.
Ces fans qui leur resteront fidèles, même quand Bon mourra, et sera remplacé par Brian Johnson (il faut dire que « Back In Black » est un sacré disque).
En attendant, si vous voulez comprendre exactement ce qu’est AC/DC, n’écoutez pas le live à Donington, mettez-vous ce « Let There Be Rock », et vous aurez la définition exacte de ce que devrait toujours être le Rock’N’Roll.
A l’heure du Punk, cinq australiens sortirent ça. A l’époque, une poche de résistance de hard-rock s’était formée. Pour contrer le rock progressif embourbé dans ses propres extravagances, l’immonde disco, et ce punk bien trop opportuniste, quelques groupes apportent un souffle nouveau aux créations de Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Ainsi émergent à la fin des années 70, UFO, Judas Priest, Motorhead, Thin Lizzy, et les cinq zozos d’AC/DC.
Ces derniers sont assurément les plus rock’n’roll. Ne jurant que par le rock 50’s et le blues noir de Chicago, les frères Young et le chanteur Bon Scott vont créer un son unique, mixture de ces deux influences, pulvérisées à grands coups d’ampli Marshall 100W.
Je me suis longtemps demandé lequel choisir pour commencer. Il y a bien évidemment « Back In Black », mais le chant de Brian Johnson ne sera jamais celui de Bon Scott. Après la mort de ce dernier, le son du groupe ne sera plus jamais vraiment le même. Il y a alors « Highway To Hell », mais la production est Presque trop propre. Non, franchement, si il en faut un, c’est celui-ci.
Parce que ce disque est produit par le frère Georges Young, et son compagnon Henry Vanda. Parce que le son sur ce disque est roots, tout en étant particulièrement puissant. On entend ici le souffle des amplis entre les morceaux, les « one, two, three… » des musiciens, les accordages d’avant morceaux. Tout est balancé après quelques répèt’, d’une traite.
Et puis il y a bien sûr des classiques : « Bad Boy Boogie », « Let There Be Rock », « Whole Lotta Rosie », ou encore « Problem Child ».
Il y a également cette formidable dualité entre le hard-blues des frères Young, et les textes de baroudeur de Scott, superbes de causticité, d’humour, et de réalisme prolo. Car ce disque sent sous les bras. On a affaire à un disque d’homme, un disque de tête brûlée râpée par la vie.
Il y a évidemment toute cette électricité, ce brio musical qui fait les grands groupes. Il y a cette batterie impeccable de précision (on ne dira jamais assez de bien de Phil Rudd), ce son gras, et ces soli à la limite de la rupture, chauffant à blanc les lampes des rampes de Marshall.
Et c’est justement ce que les punks ne surent jamais faire. Certes, le mouvement apporta une énergie nouvelle au rock, mais le punk ne pouvait persister. Les kids ont besoin de héros, de refrains héroïques, de mélodies, et d’une bonne dose d’adrénaline. AC/DC sut offrir tout ça, mais avec beaucoup d’humour.
On ne peut en effet totalement prendre au sérieux Angus Young, et son costume d’écolier. Si son jeu est celui des plus grands, on est loin des vestes en cuir clouté de Glenn Tipton et KK Downing du Priest, ou des boots à talons et des belles gueules de Scott Gorham et Brian Robertson de Lizzy.
Parce que les mecs d’AC/DC avaient cette touche de petites frappes malicieuses, et cette folle envie de s’amuser. Parce qu’ils ont tourné comme des fous, jouant absolument partout (les derniers concerts avec Bon Scott eurent lieu en février 1980 en France, et notamment à … la fête de la Bêtise de Cambrai !), tout cela pour conquérir un par un leurs fans.
Ces fans qui leur resteront fidèles, même quand Bon mourra, et sera remplacé par Brian Johnson (il faut dire que « Back In Black » est un sacré disque).
En attendant, si vous voulez comprendre exactement ce qu’est AC/DC, n’écoutez pas le live à Donington, mettez-vous ce « Let There Be Rock », et vous aurez la définition exacte de ce que devrait toujours être le Rock’N’Roll.
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Il faut dire que le groupe était bien équipé : un bassiste au jeu lourd et rythmé, Ronnie Lane, un batteur véloce en la personne de Kenney Jones, un clavier toujours dans les bons coups, Ian MacLagan, et l’arme absolue : Steve Marriott.
Marriott fut l’un des meilleurs chanteurs de soul blanche de tous les temps, dans le même camp que les Robert Plant ou Paul Rodgers, mais un cran au-dessus. Doté d’une voix prodigieusement riche, son chant ressemblait à celui d’un loup pris au piège. Hargneux, downtown, furieux, mais toujours soul, il poussa le blues dans ses derniers retranchements, aux confins de la souffrance et de l’hystérie.
Ajouté à cela un jeu de guitare assez approximatif, mais diablement efficace, punk avant l’heure, vous obtenez donc un quartet démoniaque qui explosa tout sur son passage. Mais il y a surtout ces chansons fantastiques, véritables hymnes pop hululant les peines et les joies des kids anglais.
Car lorsque les Small Faces emballe la machine, le riff se fait serré, la basse ronfle, les baguettes roulent sur les toms, et la voix hurle le blues comme un dément. J’aime cette voix. Je crois que le plus beau titre au niveau vocal, c’est l’intense et sulfureux « E Too D », sur lequel Marriott raconte les sensations de la prise d’acide, mimant vocalement les tourbillons cérébraux et le délire qu’il ressent, l’explosion des sens également.
Puis progressivement, la musique des Small Faces va évoluer. Le groupe peaufine ses chansons, et abandonne progressivement le rythm’n’blues sauvage pour une musique pop plus complexe, suivant en cela le mouvement des Beatles, Who et Stones.
Le songwriting de Marriott et Lane brille rapidement avec des chansons comme « All Or Nothing » ou « My Mind’s Eyes ». C’est très bon, et toujours furieusement énergique. Car le groupe n’a pas cédé aux arrangements complexes. Seules les chansons se sont perfectionnées dans l’écriture. Il faudra attendre la période Immediate pour découvrir la facette psychédélique des Faces. Et les albums aussi, car durant toute la période Decca, le groupe ne sortira que des simples ou des maxi, mais aucun vrai album.
Avec le départ chez Immediate, c’est la face sauvage du groupe qui s’en va. C’est aussi son unité qui va progressivement éclater. Marriott va raccrocher son côté blues en formant Humble Pie en 1968, déjà perceptible sur certains titres du mini-opéra « Ogden Nut Gone Flake », largement heavy.
Les trois autres, Lane, Jones, MacLagan, eux-aussi finalement. En devenant les Faces avec l’arrivée de Rod Stewart au chant, et Ron Wood à la guitare, les deux en rupture du Jeff Beck Group, ils vont devenir ce que l’on appelle des sous-Stones. Enfin, ça, c’est ce que l’on dit. Ils vont surtout devenir l’un des meilleurs groupes de blues-rock, l’un des plus sales, l’un des plus sympas aussi.
Et Marriott deviendra un géant avec Humble Pie, le meilleur groupe du monde, et les Small Faces furent le terreau magnifique de tout cela.
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